Yoga : La Danse du Dragon

Lors des formations de Yin Yoga que je donne (pour voir les prochaines occasions d’apprendre à enseigner cette formidable discipline avec moi, c’est par ici), à mi-parcours, je glisse toujours (discretos) une petite séance de Danse du Dragon.

Laissez-moi vous expliquer de quoi il s’agit :

La Danse du Dragon, inspirée du Qi Gong et du Yoga, a été inventée par Suzee Grilley (chorégraphe et yogini dans la vie)(le créateur du Yin Yoga, Paul Grilley, vit à ses côtés). Cette séquence est un enchaînement dynamique de postures, dans des cycles progressifs qui permettent d’introduire petit-à-petit les mouvements, jusqu’à parvenir à la phase finale et complète. La répétition met le mental de côté, le pratiquant entre en fusion avec la dynamique de la séquence. Il est mu par son énergie qui le traverse sans entrave…

Pour apprécier la danse de certains dragons, il faut faire preuve d’une grande ouverture d’esprit…

Grâce à la Danse du Dragon, et à l’observation de l’énergie entre les mains, les élèves se familiarisent avec le Qi.

Depuis des millénaires, la cosmologie chinoise présente l’univers comme une combinaison de souffles en perpétuelle mouvance et transformations, formelles et informelles. Tout ce qui existe n’est que manifestation plus ou moins grossière, matérialisée ou non, d’un souffle commun à tout : le Qi.

« L’infinie variété des phénomènes de l’univers est le résultat de la réunion et de la dispersion perpétuelle du Qi, qui engendrent des phénomènes comportant des degrés de matérialité divers. »
Les principes fondamentaux de la médecine chinoise, Giovanni Maciocia

Bernie Clark dans la toute première étape de la Danse…

Ce souffle protéiforme, nous pouvons apprendre à le sentir. Pour cette raison, Bernie Clark a introduit une étape propice dans son interprétation de la séquences de Suzee Grilley : la boule de Qi… Debout, jambes séparées et légèrement fléchies, les mains se font face, devant le ventre. Le Qi peut se manifester entre les paumes de mains, et en se concentrant sur les sensations, l’adepte peut se connecter à l’invisible… Une fois les cycles lancés, l’énergie est ensuite poussée dans toutes les directions.

 

 

La Danse du Dragon comporte deux phases :
• une première, dynamique et fluide, « Yang », conçue pour réveiller l’énergie endormie en nous. L’exercice est idéal pour renforcer le muscle cardiaque (pourquoi faire simple et dire « le cœur? »). Les mouvements sont rythmés et posés sur le souffle. Le corps suit la respiration.
• une seconde phase, dite « Yin », est l’occasion de réexplorer les postures de la séquence, en les tenant longtemps, afin d’en révéler les aspects les plus cachés. (Yin-Yang sont toujours relatifs : on qualifie quelque chose de Yin ou de Yang dans un contexte et uniquement par rapport à ce contexte). Donc ici, les postures sont tenues pour mieux percevoir l’énergie qui « pousse » dans toutes les directions. MAIS, il ne s’agit pas d’une pratique de Yin Yoga où l’on relâche les muscles : ici, ils sont actifs, et on tient les postures quelques respirations seulement (et pas quelques minutes, comme c’est le cas en Yin Yoga.)

Cet enchaînement permet d’explorer notre spectre énergétique en allant d’une dynamique Yang vers une dynamique Yin (Yin-Yang sont des vecteurs de mouvement, j’en parlais il y a quelques mois ici…) : l’introversion vs l’extraversion, la force centripète vs la force centrifuge, le potentiel vs le manifesté… Nous développons notre aptitude à exprimer nos divers tendances…

Bon, j’avoue, ça passe moyennement inaperçu ces quatre-vingt-dix minutes de travail cardio et de tenues longues des postures dans la phase dite « yin ». Surtout après plusieurs jours de pratiques dévolues à la lenteur… Mais mon objectif est multiple.

Symboliquement, le.a Yogi.ni endosse tour à tour les habits d’un héros embarqué dans une quête personnelle, et les obstacles qu’il.elle rencontre en chemin (obstacles symbolisés par le Dragon, créature particulièrement mystique et magnifique). Le flow met en mouvement l’énergie du héros, sa volonté pour libérer son corps et son esprit des entraves qui freinent son évolution.

Le dragon m’évoquera toujours la petite enfance d’Erin (ma fille), bercée par la découverte du personnage incroyablement fascinant de Krokmou (nous avons vu les deux premiers volets de « Dragon » des dizaines de fois). Il est donc cher à mon coeur. Il l’est d’autant plus que j’ai découvert que dans la mythologie chinoise, il n’est pas cracheur de feu… Il habite les univers aquatiques l’hiver, où il se remplit d’eau (grâce à la force centripète, yin). Le printemps venu, il s’élève vers le ciel, où il s’installe pour l’été, répandant l’eau accumulée pendant l’hiver sur terre (force centrifuge, yang). Il amorce ensuite un retour vers son milieu de prédilection en automne, où il séjourne de nouveau pendant une saison complète… Puis le cycle reprend, car comme le rappelle le Yi King, « La seule chose qui ne changera jamais, c’est que tout change toujours tout le temps. »

Et c’est parce que cette démarche est essentielle aux yogis que nous sommes que la formation de 200hrs Vinyasa & Yin Yoga, que j’aurai le plaisir d’animer cet été avec Alex Blake, s’inscrit dans cette démarche : former des professeurs capables d’appréhender pleinement la dynamique du monde… en allant de mouvements yin vers yang et yang vers yin avec fluidité et dextérité.

Visuel de la Danse du Dragon ©Elvire que je remercie sincèrement !

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